· Chapitre 4 : Sécurité


Mesures qui menacent les droits humains et l’État de droit

Ce chapitre traite du contexte sécuritaire passager, des mesures dangereuses prises dans la précipitation, et de la nécessité de défendre nos acquis les plus précieux que sont le respect des droits humains et l’État de droit


4.1. Tendance à la régression

4.1.1. Les mesures de sécurité illégales et périlleuses prises dans la précipitation

Avant d’entamer ce chapitre, il est important de souligner que les principales causes de problèmes sécuritaires semblent être liées à l’accumulation de lacunes dans l’enseignement, la formation continue, la création d’emploi, la régulation de l’industrie de l’armement, le contrôle opérationnel des services de sécurité militaires et civils, et les partenariats socio-économiques internationaux. Parmi les conséquences, citons :
- le vol et la fraude ;
- l’alcoolisme et la consommation de stupéfiants ;
- la violence verbale, physique et psychologique ;
- le terrorisme, quelle que soit la référence idéologique exploitée.

Il est aussi primordial d’insister sur le fait que les plus graves problèmes sécuritaires ont été causés par les agissements immoraux de quelques personnes présentes dans les forces armées, et les services de renseignements et de police de pays démocratiques. Ces individus tentent encore d’exploiter des vulnérabilités, alors qu’ils sont déjà responsables des situations chaotiques suivantes :
- l’armement de régimes tyranniques, jusqu’aux portes de l’Europe, qui alimente les mouvements contestataires violents et le terrorisme international ;
- les interventions militaires "préventives" de ces deux dernières décennies, notamment en Afghanistan et en Irak, qui sont à l’origine de guerres civiles ;
- les pratiques de harcèlement et de manipulation de civils, qui ont joué un rôle déterminant dans plusieurs attaques présentées comme terroristes, dont l’attentat à la voiture-bélier qui a eu lieu dans le centre de Barcelone le 17 août 2017 et qui a été organisé par un informateur, officiellement reconnu, de la police espagnole.
En ce qui concerne l’amélioration de la situation, les actions qui cherchent à surveiller tous les êtres vivants et tous les dispositifs électroniques semblent inefficaces. Les équipements utilisés et le personnel des services de sécurité sont en effet intrinsèquement imparfaits. Ils peuvent être à l’origine de fautes graves et conduire au pire. Si les efforts qui visent à contrôler les citoyens de façon invasive se poursuivent, cela créera des problèmes sécuritaires encore plus complexes à résoudre et finira par déraper vers les pratiques d’anciens régimes oppressifs d’Europe.
Ce n’est pas sur les conséquences que l’attention devrait être portée pour élaborer des solutions, mais plutôt sur les causes de départ, parmi lesquelles figurent les difficultés mentionnées dans les chapitres précédents. Aussi, la "perfection" et "le risque zéro" n’existant pas, il ne serait pas sensé de les exiger de qui que ce soit sans pour autant fermer les yeux sur les possibles négligences et actes de malveillance.
[59] US Defense Science Board, Rapport de la Defense Science Board Task Force sur la communication stratégique
https://fas.org/irp/agency/dod/dsb/commun.pdf  (texte, en anglais)
[60] Zack Campbell, La route vers Las Ramblas
https://theintercept.com/2018/09/03/las-ramblas-terrorist-attacks-es-satty  (texte, en anglais)
[61] Chaine YouTube "Kurzgesagt - In a Nutshell ", Sain et sauf que... - Terrorisme et Surveillance de Masse
https://youtu.be/V9_PjdU3Mpo  (vidéo, durée 6:13, en anglais avec sous-titres en français)
[62] Noam Chomsky, Edward Snowden, Glenn Greenwald, Nuala O’Connor, Une conversation sur la vie privée
https://theintercept.com/a-conversation-about-privacy  (vidéo, durée 1:55:01, en anglais)


La détérioration du climat sécuritaire a été utilisée par quelques membres de services de sécurité de pays de l’Union européenne pour justifier l’adoption de mesures extrêmes et contraires à la Convention des droits de l’homme. Leur intention officielle est la défense des droits fondamentaux et de l’État de droit démocratique alors que, dans les faits, ces mesures les menacent directement. Cette tendance représente une nouvelle source de dangers aussi grands qu'imprévisibles.
Le renforcement et le développement des activités de la Justice et d'institutions internationales, comme la Cour européenne des droits de l’homme, deviennent essentiels aujourd’hui, en particulier pour :
1. faire face aux atteintes aux droits humains et à l'État de droit démocratique, qui se sont multipliées dans plusieurs pays ;
2. mettre en place ou renforcer des institutions nationales de défense des droits humains, indépendantes des services de sécurité et des gouvernements, et condamner les individus qui ont profité du contexte actuel pour se divertir sur le dos de la population et bafouer les lois et les Conventions internationales ;
3. définir et faire respecter des lignes directrices dans le but de défendre les droits fondamentaux et de fortifier les acquis démocratiques.

Les services de sécurité sont les premiers à être touchés par les changements technologiques et sociétaux en cours. Sans encadrement approprié, ce contexte a mené à une situation aussi dangereuse que celle d’un réacteur nucléaire sous pression, où certains employés finissent par perdre leur lucidité et tentent de masquer des négligences et des actes malveillants. Les arrestations sans preuve, l'utilisation de formes de provocation et la manipulation de civils pour des activités de surveillance invasive, voire de harcèlement, en sont des exemples. Ces opérations visent avant tout à donner un faux sentiment de contrôle à quelques individus, et renforcent les incompréhensions et la méfiance, au risque de causer des réactions autodestructrices. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les centaines d'arrestations et de perquisitions qui ont eu lieu ces dernières années se sont montrées inutiles dans la majorité des cas. Les interventions excessives ont laissé des traumatismes sur les nombreuses personnes visées par erreur, ainsi que sur leur entourage et leur voisinage. Contrairement à ce que pensent certains, ces actions ont aussi touché "par erreur" des personnes qui ne sont pas issues de minorités. L'usage disproportionné de moyens pour l'opération qui a eu lieu le 12 avril 2016, rue de Stalle à Uccle, à la suite d'une simple erreur de jugement, constitue l'un des exemples qui permettent de prendre conscience que personne n'est à l'abri :
[63] Site d’information "RTL.be", Témoignages des 3 personnes arrêtées à Uccle dans le cadre des attentats
http://www.rtl.be/info/belgique/faits-divers/les-jeunes-arretes-a-uccle-dans-le-cadre-des-attentats-de-paris-temoignent-tout-est-parti-d-une-simple-carte-de-fidelite-810018.aspx  (vidéo, durée 2:18, en français)

Cette tendance constitue une menace croissante pour le respect des droits humains et l’intégrité de l’État de droit. Cependant, la majorité de la population reste silencieuse face aux agissements excessifs de certains agents des services de sécurité. Il semble indispensable de prendre conscience que chaque excès qui reste ignoré ou impuni rend les responsables plus incompétents et cyniques, tout en encourageant le développement d'une addiction écœurante à l'abus de pouvoir. Cette situation ne peut que conduire à une dégradation qui s'étendrait à toute la société.

Il semble important de rappeler que même les pires dictatures, telles que les anciens régimes oppressifs d'Europe, ont débuté avec les meilleures intentions pour le progrès et la sécurité. Ces bonnes intentions ont ensuite été suivies d'un cercle vicieux de négligences et de violence aveugle, commis par une minorité des membres des services de sécurité et cautionnés par le silence complice de leurs collègues. Une situation qui a conduit à plus de cynisme, ouvrant la porte à encore plus de dérives.

Tout le monde a entendu parler des services de sécurité allemands qui ont occupé la Belgique il y a moins d'une centaine d'années. Ils ont fini par commettre les pires atrocités, et ce même envers leurs propres compatriotes. Ce dont on entend moins parler, c'est que ces individus n'étaient que les citoyens lambdas d'un pays démocratique quelque temps auparavant. L'Allemagne était en effet l’un des pays les plus alphabétisés du monde, et était internationalement reconnue pour l’excellence de son industrie et pour ses grands scientifiques (Einstein et Heisenberg), philosophes (Kant et Heidegger), écrivains (Goethe et Schiller), compositeurs (Bach et Beethoven)... La dégradation continue de la situation économique et sécuritaire et les préjugés envers les minorités ont pourtant fini par pousser un tiers des électeurs à élire un dangereux démagogue sans projet économique réaliste, et aux discours simplistes qui accusaient les minorités de tous les maux de la société. Les années suivantes ont été caractérisées par un accroissement des mesures discriminatoires. Elles visaient tout d'abord une petite partie de la population, ensuite les citoyens qui n'approuvaient pas cette situation ou qui n’adhéraient pas aux idéaux nationalistes, avant de s'étendre à ceux qui refusaient de soutenir le régime oppressif et ses interventions militaires dans d’autres pays.
Les populations de territoires étrangers ont particulièrement souffert de la cruauté des anciens services de sécurité allemands. Il y a les soldats tombés au front, mais aussi les civils victimes d’exécutions sommaires et de bombardements aveugles (tels ceux qui ont visé Londres, Paris et Varsovie), des emprisonnements abusifs, et des représailles collectives comme le blocus dans la région d’Amsterdam, qui a causé une famine au cours de l’hiver de 1944. À ces atrocités s’est ajoutée la déportation de travailleurs forcés en Allemagne, dont près de deux cent mille citoyens belges de "culture chrétienne" entre 1940 et 1945 ; les récalcitrants étaient quant à eux harcelés par des collaborateurs nazis belges qui soutenaient l’occupation de leur pays et les crimes qui y étaient commis.
Paradoxalement, la population allemande dans son ensemble a aussi payé un lourd tribut au cours de cette période avec, en particulier, les millions de civils qui ont été victimes du gouvernement autoritaire et des représailles de pays étrangers, l’invasion et la partition du territoire national par les forces alliées, et la destruction de grandes villes telles que Dresde, Francfort et Berlin.
La vidéo suivante permet de prendre conscience de la situation de la capitale allemande en 1945, qui n’était plus qu’un champ de ruines au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Ce désastre s'est passé il y a une septantaine d’années, à tout juste quelques centaines de kilomètres de chez nous :
[64] Chaine YouTube " World War Footage", Survol des ruines de Berlin en 1945
https://youtu.be/ss2FuoFHkIc  (vidéo, durée 7:53)
Le fait que l'Allemagne ait été l'un des pays les plus touchés au cours de cette période est d'autant plus surprenant que la majorité n'avait pas voté pour le parti nationaliste qui l’a entrainée dans ce désastre. Les représentants de ce parti n’avaient en effet récolté qu’une minorité des voix à l’aide de discours simplistes et haineux, officiellement présentés sous l’étiquette du National-socialisme, Nationalsozialismus en allemand (Nazisme ou Nazismus en abrégé). Cependant, à leur arrivée au gouvernement, ils ont pu exploiter la détérioration de la situation économique et sécuritaire pour propager leurs idées extrémistes. Le silence complice de la population a ensuite renforcé la monstruosité de plus en plus de membres des services de sécurité, qui s’en sont finalement pris à leurs concitoyens alors qu'ils voulaient et étaient censés les protéger.
Les vrais responsables de cette tragédie semblent avant tout être un laisser-faire généralisé, et la croyance absurde que les excès ne s'étendraient pas, qu’ils finiraient par s’arrêter d’eux-mêmes, et qu'ils ne cibleraient que les personnes issues de minorités et les citoyens de certains pays. L’instabilité grandissante et la complicité implicite de la population face à une dégradation évidente de l'intégrité des forces de sécurité ont cependant conduit au pire.
Les quelques mots suivants du célèbre scientifique allemand Albert Einstein, qui a été témoin de cette période tragique, résument cette situation : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » [3].


Ce que nous connaissons aujourd'hui en Belgique n'est bien sûr pas comparable à la situation de départ qui a conduit à ce désastre. Cependant, ces dernières années, les nouvelles mesures de sécurité et la dégradation du respect des droits fondamentaux par quelques membres des services de sécurité sont une source d'inquiétude grandissante. Les organisations de défense des droits humains ont, en outre, exprimé leurs inquiétudes face à cette détérioration alarmante.
Le rapport d'enquête suivant a été publié par Human Rights Watch le 3 novembre 2016 et mentionne, par exemple, des abus commis par des membres de la police antiterroriste. Ce rapport traite principalement des perquisitions et arrestations de ces dernières années dans le contexte de la lutte antiterroriste (qui ne représentent que la partie visible de l'iceberg) :
[65] Association "Human Rights Watch", Les réponses antiterroristes de la Belgique aux attaques de Paris et de Bruxelles
https://www.hrw.org/sites/default/files/report_pdf/belgium1116fr_web.pdf  (rapport d'enquête en français)
Les quatre extraits suivants tirés de ce rapport d'enquête permettent de prendre conscience de la gravité de la situation, des moyens disproportionnés utilisés, et des traumatismes causés.

1) Résumé, Page 4
Pratiquement toutes les personnes interrogées ont insisté sur le fait qu'elles ne s'opposaient pas aux opérations de police, mais plutôt à la façon dont elles étaient menées.

2) Témoignage de « Rachid », page 49
Human Rights Watch a interrogé un second citoyen belge qui allègue avoir été passé à tabac par la police après avoir été arrêté à son domicile dans un cas d’erreur d’identité. « Rachid », 33 ans, ainsi que son épouse et ses deux jeunes enfants dormaient dans leur appartement en rez-de-chaussée dans le quartier bruxellois de Haren quand ils ont soudain été réveillés par un bruit violent aux alentours de 6 heures du matin le 19 juillet 2016 et ont réalisé avec effroi qu’on était en train de défoncer leur porte. En ouvrant la porte de sa chambre, Rachid s’est retrouvé face à face avec environ 7 à 10 hommes masqués en uniforme de la police fédérale qui pointaient leur mitraillette sur lui et criaient « Police! Les mains en l’air, tout le monde au sol! ». Bien qu’il se soit immédiatement jeté au sol et ait obéi à toutes les instructions, Rachid a déclaré que la police l’avait menotté brutalement et lui avait hurlé dessus. Il a indiqué que les policiers ont jeté les affaires de la famille à travers l’appartement pendant leur fouille, ont pointé leur arme dans toutes les directions devant sa fille de 6 mois et n’ont pas laissé sa femme s’occuper de l’autre fillette de 2 ans qui se trouvait dans une autre chambre et criait « Papa! Papa! ». La police a déclaré à Rachid qu’il était en état d’arrestation pour « participation à un groupe terroriste ». Les policiers lui ont posé un bandeau sur les yeux et l’ont cagoulé, a-t-il expliqué, puis l'ont conduit au poste de police fédérale du centre-ville pour un interrogatoire. À l’arrivée au poste, a-t-il dit, deux des policiers ont commencé à le frapper brutalement.
...
L’inspecteur a ensuite sorti une photo de trois hommes qui, selon lui, étaient des extrémistes armés islamistes, a expliqué Rachid, ce qui a donné lieu à l’échange suivant : Il m’a demandé « est-ce que vous reconnaissez ce visage? Au milieu, ce n’est pas vous? ». J’ai répondu : « Bien sûr que ce n’est pas moi! Il y a une certaine ressemblance, mais ce n’est pas moi du tout! ». L’inspecteur a bien regardé et a dit : « C’est vrai, ce n’est pas vous ». À ce moment-là, ils ont commencé à rigoler, ils se sont rendu compte qu'ils avaient fait une erreur. Ils m’ont proposé un café, un peu d’eau.
...
Rachid a indiqué que non seulement lui, mais également sa femme et ses enfants ont été traumatisés. « Depuis ce jour-là, on est trop choqués », a-t-il indiqué. Parlant à Human Rights Watch 10 jours après son arrestation, il a indiqué que sa femme avait du mal à dormir, que sa fille ainée pleurait bien plus souvent et que la famille était apeurée dès qu’elle entendait du bruit à la porte. Il se posait des questions non seulement sur son passage à tabac, mais également sur la raison pour laquelle la police l'avait arrêté chez lui devant sa famille : « Ils savent où je travaille... Je n’ai pas d’antécédents. Il n’y avait pas besoin de débarquer comme ça chez moi ».

3) Témoignage de Sabri, page 57
Sabri, 30 ans, employé dans une librairie, achetait de la viande dans un magasin proche de chez lui dans le quartier bruxellois de la Bourse dans l’après-midi du 21 décembre 2015 lorsqu’un groupe de la police fédérale l’a plaqué, l’a menacé verbalement et a eu recours à une force disproportionnée. « Tais-toi ou on te casse les dents », a déclaré Sabri à Human Rights Watch, répétant les mots que lui avait dits un des policiers alors qu'ils le poussaient au sol, le menottaient et lui mettaient une cagoule sur la tête.
...
Sabri et son frère ont été libérés sans chef d’accusation le lendemain. En retournant chez lui, Sabri a trouvé toutes les portes cassées sur les six étages du bâtiment qui appartenait à sa famille.
« Aucune excuse n’a été présentée, a déclaré Sabri. Mon arrestation a fait les gros titres, un vrai cirque médiatique, mais pas ma libération. Maintenant lorsque je marche dans la rue, les gens me regardent bizarrement comme s'ils se disaient ‘il est libre, mais quand même, si tant de policiers sont venus le chercher, c’est qu’il y est sûrement pour quelque chose?’ ».

4) Témoignage de Sébastian, page 55
Van Geel, 35 ans, a indiqué que lui, sa femme et ses enfants ont été réveillés un peu après 5h00 du matin par trois explosions qui ont fait trembler sa petite maison. Se précipitant vers la fenêtre, il a vu un groupe d’hommes armés et masqués tentant d’enfoncer sa porte d'entrée avec un bélier : « Je n’avais aucune idée de qui ils étaient. Je pensais que c'était des hooligans. J’ai crié : « Ne tirez pas! J’ai cinq enfants, s’il-vous-plait, ne les blessez pas ». J’ai fait un signe de la main à ma femme pour qu’elle éloigne les enfants de la fenêtre. Ils ont dû penser que c’était un geste menaçant. Ils m’ont dit « Police fédérale! Mains sur la tête! Dernier avertissement ; après nous tirons! ».
Van Geel a dit qu’il est revenu chez lui et a retrouvé sa porte d’entrée détruite, les affaires de la famille éparpillées dans la maison et toutes les fenêtres ouvertes. Après avoir porté plainte auprès des autorités locales, les agents municipaux ont mis un panneau en bois avec un cadenas sur l’embrasure, mais ce n'était pas une vraie porte. Van Geel a demandé un accompagnement psychologique gratuit à la police, mais en apprenant qu’il y avait une liste d’attente de deux mois, il a payé un psychologue privé pour lui et sa femme. Au moment de la rédaction de ce rapport, Van Geel a dit que la perquisition affecte toujours psychologiquement toute sa famille et que ses enfants continuent d’en faire des cauchemars.
...
Van Geel a dit qu’il s’est décidé à parler pour faire entendre la voix des nombreuses familles qui ont également été affectées par de telles actions policières, mais qui n'osent pas s'exprimer. Son espoir, a-t-il ajouté, c’est que, « en tirant des leçons de ces expériences, nous puissions empêcher que d’autres familles innocentes souffrent de ces fouilles brutales opérées par erreur ».
...
Je peux comprendre la perquisition et le travail difficile de la police. Mais je ne peux accepter l’erreur et la façon brutale dont ils m’ont perquisitionné devant mes enfants et mon épouse. Ils auraient pu me prendre à l’extérieur de chez moi. Je ne suis pas un homme violent. ... Mais lorsque la police humilie un jeune homme de cette façon dans un lieu public ou le traumatise devant sa famille, comment va-t-il réagir? La plupart vont être choqués et blessés à vie, mais d’autres pourraient aller plus loin en nourrissant une haine de la police et/ou de l'État.


Aujourd'hui, les nouvelles mesures de sécurité, officielles et officieuses, font appel à des méthodes de torture psychologique incluant des formes de provocation continue, le harcèlement numérique, le placement abusif de caméras et de micros dans des habitations et véhicules, la privation ostentatoire du respect de la vie privée, les perquisitions et arrestations sans la moindre preuve, la manipulation d’équipements électroniques à distance, et l'utilisation à grande échelle d’informateurs belges (dont des mineurs) et de criminels obéissant à des autocraties instables, comme celle du Maroc, pour des activités de surveillance et de harcèlement dans les lieux publics, et qui ciblent des citoyens qui n'ont commis aucun crime. La plupart de ces pratiques étaient déjà utilisées sous le nom de Zersetzung par la dictature mise en place autour de la Stasi, la police d’État de l'ancien régime autoritaire d'Allemagne de l'Est. L’objectif était de maintenir un régime oppressif qui allait jusqu’à s’en prendre à la population au nom de la bienveillance, et où les citoyens ont fini par se méfier autant de leurs voisins que des services de sécurité.
En Belgique, certains agents des forces de l’ordre, malintentionnés et/ou négligents, utilisent ces méthodes illégales dans le cadre
de pseudo-enquêtes et peuvent causer des dégâts aux conséquences imprévisibles. Ils cherchent à contrôler des personnes a priori innocentes en plaçant celles-ci dans des conditions de stress continu qui peuvent s'étendre sur plusieurs semaines, mois ou années, jusqu’à provoquer des pertes de facultés intellectuelles et de repères, des changements comportementaux, détruire les liens familiaux et autres relations personnelles, nuire aux activités professionnelles... le tout pouvant conduire au pire. Il est fort probable que ces pratiques ont causé plusieurs des attaques incompréhensibles à l’arme blanche, aux explosifs artisanaux et à la voiture-bélier qui ont aveuglément visé des civils et des agents des services de sécurité (et qui peuvent être revendiquées par n’importe quel individu sur Internet). Ces attaques sont souvent présentées comme des actes terroristes "par défaut".
Indéniablement, les membres de services de sécurité qui utilisent des méthodes à l’origine de chocs psychologiques, et qui ont permis à des dictatures d’étendre leurs activités illégales sur le territoire belge, représentent un danger aussi important pour la sécurité nationale et pour la stabilité de l’État de droit que celui de certaines organisations criminelles étrangères.

Avec les technologies récentes qui permettent aisément une surveillance intrusive ainsi que de nombreux abus de voyeurisme et de manipulation, certains individus des services de sécurité tentent de cacher, voire de justifier des crimes et pseudo-erreurs. Cette situation est aussi aberrante que dangereuse, qui plus est dans le contexte actuel. Les membres de services de sécurité peuvent en effet éprouver des difficultés à faire face à leurs propres faiblesses ou à celles de collègues. Il semble donc évident qu’ils ne seraient aucunement capables de contrôler l’environnement infiniment complexe que constitue une société humaine en constante évolution, quels que soient les logiciels de surveillance et de harcèlement dont ils disposent temporairement. Qui plus est, les équipements électroniques utilisés présentent inévitablement des défauts de conception et des failles de sécurité qui sont à l’origine d’erreurs. Ils peuvent aussi être ciblés par des virus, et détournés à la suite d’attaques informatiques.
Depuis plusieurs années, des membres cyniques des services de sécurité semblent se prendre pour les scénaristes amateurs de films hollywoodiens, et cherchent le moindre prétexte pour se divertir et justifier l’utilisation néfaste de nouvelles technologies contre des individus qui n’ont commis aucun crime. Si ces agissements ne conduisent pas à l’effondrement d’un système caractérisé par les négligences et l’absurdité, ils produiraient une autocratie similaire aux anciennes dictatures d’Europe, ou encore au scénario de l’État policier instable Big Brother décrit par Éric Arthur Blair (aussi connu sous le pseudonyme George Orwell) dans son roman "1984" ; un tel régime qui commettrait des crimes au nom de la bienveillance finirait aussi par s'effondrer. On ferait face à des autorités qui chercheraient à tout surveiller, jusqu’aux aspects intimes de la vie des citoyens. Ce régime autoritaire et irrationnel imposerait progressivement des mesures liberticides à l’ensemble de la population en se justifiant par le fait de devoir faire face à une menace furtive. Cette tendance irait jusqu'à imposer légalement des aberrations intellectuelles, à l'image des double-pensées contradictoires "la liberté, c‘est l'esclavage !" et "la guerre, c'est la paix !".
[66] Jean-Philippe Depotte, 1984 de George Orwell (Alchimie d'un roman, épisode n°22)
https://youtu.be/hVOmfzNPX-I  (vidéo, durée 11:17, en français)

Au vu des situations stressantes que certains membres des services de sécurité peuvent rencontrer, ce danger est encore plus présent aujourd’hui. En effet, les recherches sur les effets d'une exposition continue à de telles situations ont mis en évidence une destruction significative de neurones qui peut aller jusqu’à modifier la structure du cerveau. Ces dégradations conduisent à des comportements de plus en plus cyniques et irréfléchis, ainsi qu'à une détérioration durable de la capacité de discernement, comme mentionné dans le deuxième chapitre (au point 2.2.2. Le développement du cerveau et des capacités intellectuelles).

Certains membres des forces de l’ordre abusent aussi de la tendance qu’ont la plupart des individus à obéir aveuglément à toute forme d'autorité, réelle ou supposée, en faisant par exemple passer cela pour une sorte de divertissement, un devoir civique, ou en utilisant la menace implicite, la peur ou l'incompréhension que cette situation suscite. Aujourd'hui, de nombreux citoyens cyniques ou naïfs sont ainsi manipulés comme des marionnettes. Ces pratiques servent non pas à améliorer la sécurité, mais plutôt à donner un faux sentiment de contrôle à quelques responsables, qui en profitent certainement pour s’entrainer et se divertir au quotidien sur le dos de la population. Le développement actuel ne peut que conduire à un désastre aussi bien pour les personnes concernées que pour l’ensemble de la société. Cette obéissance aveugle à l’autorité peut en effet encourager des individus à contourner les lois et à commettre des crimes. Elle a notamment été mise en évidence par plusieurs travaux tels que ceux des chercheurs Stanley Milgram et Philip Zimbardo ; ces travaux comprennent entre autres une partie des enquêtes concernant les actes de tortures sur des civils irakiens dans l’ancienne prison américaine d’Abou Ghraib, ainsi que des expériences inhumaines à l’image de celles de la "prison de Stanford", qui n’auraient jamais dû être réalisées.
C'est cette dangereuse obéissance qui a par exemple conduit aux catastrophes causées par le régime nazi allemand et par les anciennes dictatures d'Europe de l'Est. Ce genre de catastrophes peut certainement se reproduire de nos jours si tous les citoyens n'
y prennent pas garde.
Dans tous les cas, les services de sécurité n'ont pas à intervenir de façon invasive dans la vie privée de citoyens qui n’ont commis aucun crime, et encore moins dans les décisions personnelles ou sociétales à l'image de ce qui se fait dans des autocraties instables. Ces situations finissent par dévier vers le clientélisme, les cercles de corruption, le trafic d'êtres humains, la misère et les injustices généralisées au profit de quelques monstres incompétents qui se méfient autant les uns des autres que de la population qu'ils prétendent défendre, et au détriment de tous.


4.1.2. Des dictatures qui nous tirent vers le bas

Dans plusieurs pays démocratiques européens, ces méthodes sont aussi utilisées et poussées à l’extrême par des dictatures étrangères qui torturent et terrorisent leur population. Dans le contexte de la lutte antiterroriste, il y a actuellement une spirale destructive caractérisée par une surenchère de surveillance numérique et physique par les services de sécurité de différents pays, aussi bien démocratiques qu'autoritaires. C'est une situation comparable à une jungle où la stupidité et le cynisme sont valorisés, de même que les activités de surveillance les plus irresponsables, telles l'utilisation abusive de nouvelles technologies et la banalisation de la manipulation de civils. Ce contexte est une aubaine pour des dictatures dites amicales. Leurs despotes ont pu en profiter pour étendre leur influence néfaste, et ainsi tirer les autres pays vers le bas, vers une situation chaotique qui menace les libertés individuelles et le développement économique.

On peut citer l’exemple de la dictature marocaine dont certains agents sont actifs sur le territoire belge. Ces criminels ont cherché à aggraver et à créer des problèmes sécuritaires en impliquant des personnes issues de sa diaspora. Ils tentent d’accentuer des difficultés existantes, pour ensuite les dénoncer afin de justifier l’extension de leur champ d’action et de se faire passer pour des défenseurs de la liberté et du progrès... ce qu’ils ont toujours combattu. En effet, cette autocratie ne s'est maintenue au pouvoir que par la violence et l'appauvrissement volontaire de sa population, afin de semer la misère et la méfiance au sein de la société.
Sur le sol européen, il était déjà établi que ce régime se livrait à des activités illégales pour surveiller et faire taire ses ressortissants installés en Europe. Il y a comme exemple bien connu celui de la disparition en plein Paris du principal opposant politique El Mehdi Ben Barka, en 1965, et son probable assassinat. Citons également, comme autre exemple récent, celui de l'ancien champion du monde marocain Zackaria Moumni, qui demandait un poste dans la fonction publique auquel il avait droit avant d’être enlevé, emprisonné et torturé. Après sa libération, il est retourné vivre en France où il a continué à être harcelé par des civils manipulés par les sbires du régime marocain, et grâce au laisser-faire irresponsable des autorités françaises.

Le territoire d’origine coloniale qui est actuellement appelé le Maroc ne possède pas de gouvernement, mais plutôt un terroriste "royal" au sommet d’une organisation criminelle instable :
- qui assassine, torture, emprisonne et harcèle les défenseurs des droits humains et ceux qui critiquent la violence et la corruption ;
- qui flatte les représentants de pays étrangers dans le but d’essayer de gagner leur confiance, de faciliter l’achat d’armes pour réprimer les révoltes, d’acquérir des logiciels de surveillance et de harcèlement pour terroriser la population, et d’obtenir leur silence face aux atrocités commises et aux dangers croissants qui en résultent ;
- qui va jusqu’à inventer et créer des problèmes sécuritaires pour tenter de masquer, voire de justifier, ses crimes ;
- qui encourage finalement la population à sourire aux touristes pour améliorer l’image du désastre socio-économique causé par les points précédents.

Même la personne la plus naïve qui a passé toute sa vie sous cette autocratie n'a jamais eu confiance en ces malfaiteurs, pas une seule seconde. Que ce soit à cause de ses décennies de meurtres, de torture, d'emprisonnements sans motif, de répressions brutales et de campagnes de harcèlement, ou encore à cause des prisons secrètes, de l’administration entièrement corrompue, des policiers qui cherchent le moindre prétexte pour arrêter un conducteur afin de le forcer à verser un pot-de-vin équivalant à quelques euros, etc. Ces exemples résument brièvement la situation de ce régime totalitaire.
Ces dernières années, ces escrocs ont cherché à tirer profit des difficultés sécuritaires passagères que nous connaissons pour étendre leur
s activités illégales à l'étranger et, surtout, pour détourner l'attention de l'instabilité croissante du régime. Les services de sécurité de plusieurs pays européens sont témoins de ces activités sur leurs territoires, mais ils font preuve d'un silence complice. Cela est probablement dû à la crainte que les criminels qui tentent de maintenir cette dictature s'en prennent à leurs populations, ou ils pensent à tort que des tyrans qui s'attaquent à leurs concitoyens seront indulgents, ne serait-ce que temporairement, envers les populations d'autres pays. Indéniablement, des individus qui combattent le respect des droits élémentaires sur le territoire qu'ils ont de plus en plus de mal à contrôler n'ont aucun intérêt à ce que le climat sécuritaire s’améliore chez nous ! Bien au contraire, ils sont momentanément sortis gagnants de la dégradation de la situation. Ils ont donc tout intérêt à ce que cela s’aggrave, quitte à participer à cette détérioration. Le climat actuel leur a permis de poursuivre leurs méfaits, et d’étendre leur portée à d'autres pays comme le nôtre.
Il n'est pas nécessaire d'être né sous cette dictature pour réaliser le danger que son influence représente pour la Belgique et le continent européen en général. Pour ma part, sur les dizaines de citoyens qui en ont fui la violence, la misère, la corruption et que j’ai rencontrés en Belgique, je n'ai jamais entendu parler d’un seul individu qui en défende les atrocités. Au mieux, les personnes changeaient de sujet pour éviter de parler des milliers de civils massacrés et torturés, par peur d’être harcelés, y compris en Europe. Les criminels qui contrôlent temporairement le territoire du Maroc masquent leur incompétence totale à gouverner en entretenant un système de tyrannie. Ces terroristes d’État sont hantés et effrayés par le jour où ils seront jugés pour les crimes commis contre leurs concitoyens, ainsi que pour les milliards dérobés à la population et dissimulés sur des comptes bancaires à l'étranger. Les atrocités de la dictature marocaine comprennent par exemple les massacres en pleine rue de manifestants pacifistes (entre autres en 1959, 1965, 1981, 1984 et 1990), en plus des représailles à l’encontre des mouvements prodémocratiques. Les répressions violentes se sont multipliées ces dernières années et s'ajoutent aux meurtres, aux procès montés de toutes pièces, et à la torture aléatoire de civils. Les situations de Zahra Boudkour, Nasser Zefzafi, Silya Ziani et Zakaria Moumni en sont quelques exemples choquants parmi tant d'autres.
Le silence coupable de l'Union européenne et de ses États membres face aux décennies de violence aveugle et de corruption omniprésente à ses frontières ne fait qu’aggraver le contexte sécuritaire. Les quelques commentaires hésitants du président français au cours de son passage dans ce pays le 14 juin 2017, en pleine période de contestation violemment réprimée, ajoutent encore plus de confusion.

Certains gouvernements européens sont même allés jusqu'à armer ces meurtriers, en croyant à tort que les effets néfastes de leurs atrocités ne finiraient pas par s'étendre. Pourtant, il ne semble y avoir aucun doute qu’ils aient fait de l’autocratie du Maroc une fabrique de criminels en tout genre, parmi lesquels se trouvaient d’ailleurs la majorité des responsables des attentats qui ont frappé Madrid, Paris et Bruxelles ces dernières années. Les terroristes corrompus sans foi ni loi qui entretiennent cette dictature font indéniablement partie des principales sources d’inspiration du terrorisme international, et en sont les plus grands exportateurs vers le continent européen. Le contexte ne fait que se détériorer. Ce régime connait en effet une instabilité croissante, malgré le soutien injustifiable apporté par des pays démocratiques, insouciants ou irresponsables.
La courte présentation qui suit résume plusieurs vagues de crimes de la dictature qui terrorise actuellement le territoire du Maroc. Elle inclut aussi certains massacres coloniaux conduits par le maréchal français Philippe Pétain et le général espagnol Francisco Franco, des "patriotes" qui ont commencé leur carrière en commettant des monstruosités à l'étranger... avant de rentrer dans leurs pays respectifs où ils les ont poursuivies, contre leurs compatriotes cette fois :
[67] Laurence De Cock et Mathilde Larrère, Mediapart, Les rébellions du Rif, d'hier à aujourd'hui
https://youtu.be/uPq3LR1qsiE  (vidéo, durée 8:54, en français)

Les efforts fournis par le régime tyrannique du Maroc pour étendre son influence à l'Europe ont notamment pris la forme officielle d'accords pseudo-sécuritaires, dont ceux conclus en 2016 avec la coalition gouvernementale "suédoise". Plusieurs aspects alarmants de ces accords ont été mis en évidence par Amnesty International et par La ligue des droits humains. Ces organisations soulignent par exemple l'utilisation généralisée de la torture par la dictature dans toutes sortes de situations. La communication datée du 9 mars 2016 en constitue un exemple :
[68] Association "La ligue des droits humains", Recommandations au sujet de la convention de coopération adoptée le 25 février 2016
http://www.liguedh.be/wp-content/uploads/2016/03/ldh_ai_lettre_convention_belgo-marocaine_080316.pdf  (texte, en français)

Pour ces terroristes d'État, cela n'a pas été trop difficile de manipuler le contexte actuel, une certaine xénophobie, le manque de connaissances linguistiques et culturelles, et la surcharge de travail dans certains services de sécurité belges (une situation rapportée dans la presse et dans plusieurs rapports officiels). L’autocratie marocaine surveille actuellement la Belgique et, indirectement ou directement, une partie importante de la population et des organisations présentes sur le territoire, aussi bien privées que publiques. Ces dernières années, avec le soutien implicite ou explicite de membres irresponsables des services de sécurité, la dictature s'est autorisée à forcer un nombre croissant de ses ressortissants à surveiller aussi bien des lieux de restauration que de grandes entreprises, et a très probablement cherché à étendre ses activités illégales à ses ressortissants actifs dans des institutions politiques sensibles, nationales et internationales.

En ce qui concerne les activités qui visent la Belgique et qui sont menées illégalement par des terroristes sans foi ni loi en provenance de l’autocratie du Maroc, il semble indispensable d'enquêter :
- sur les interactions que ces malfaiteurs ont pu avoir avec des responsables d’actes présentés comme terroristes qui ont eu lieu ces dernières années, que ces interactions soient liées à de la surveillance, à de la provocation, à des incitations sur Internet ou directement sur le territoire belge, ou encore à un soutien quelconque involontaire ou volontaire ;
- sur la confiance aveugle et le laisser-faire de la part de certains membres de services de sécurité, qui auraient pu se sentir dépassés par la situation complexe actuelle au point de fermer les yeux sur les agissements incontrôlables et illégaux d'un régime tyrannique instable ;
- sur les centaines ou milliers de personnes (retraités, mineurs, travailleurs dans le domaine public et privé, etc.) qui ont été ou qui sont encore manipulées sur le sol belge et forcées, de façon ponctuelle ou régulière, à participer à des activités illégales de surveillance et de harcèlement.

Permettre, implicitement ou explicitement, sur le territoire belge, des activités extrêmement sensibles, à un régime qui combat sa propre population est aussi périlleux que de demander du soutien à des criminels sans remords à la recherche de nouvelles cibles.
Serions-nous prêts à confier volontairement nos biens les plus précieux à des escrocs-vautours, en très grande difficulté, qui s'attaquent à leurs concitoyens ? Certainement pas !

Aujourd'hui, il semble essentiel de prendre conscience que les régimes de tyrannie, de corruption et de misère, qui s'autorisent toutes les atrocités aux portes de l'Europe, représentent l'une des principales causes de la menace terroriste internationale. Faire face à cette menace en ignorant volontairement cette évidence est aussi absurde que de combattre la fumée qui se dégage d'un incendie, tout en l'alimentant et en le laissant s'étendre jusqu'à nous menacer.
Si nous ne cherchons pas à défendre les droits fondamentaux, en particulier dans les misérables dictatures qui manipulent le contexte sécuritaire actuel pour s'imposer chez nous, ces dernières finiront par combattre nos libertés sur notre propre territoire. Ce danger a commencé à prendre forme avec l’extension des agissements illégaux du régime autoritaire du Maroc, aussi bien sur le territoire belge que sur celui d'autres pays membres de l'Union européenne. Défendre la dignité humaine et promouvoir un développement durable dans des régions qui nous influencent directement semble être indispensable.

Pour finir, il n’est pas nécessaire de rappeler que la Belgique possède les connaissances et les compétences, humaines et techniques, pour faire face à des difficultés passagères, améliorer la situation sécuritaire, et défendre les acquis les plus précieux que sont le respect des droits humains et l'État de droit. Il est certain que les criminels envoyés par une dictature quelconque ne peuvent rien apporter si ce n'est de l’instabilité, du cynisme et de la confusion. C'est avant tout dans la population qu'il faudrait chercher des solutions fiables face à des besoins permanents et à des lacunes, quelles qu’elles soient. Il faudrait faire face aux vraies difficultés qui n'ont pas permis d'avoir le personnel et les compétences adéquats dans certains services de sécurité. Que cela soit lié à des problèmes de discrimination dans le recrutement, au manque de certains types de formation, à un environnement de travail peu favorable à la diversité culturelle, ou à autre chose, c'est sur ce plan qu'il faudrait agir pour mettre en place des solutions durables.


4.1.3. Des interventions militaires qui se prolongent

À côté des difficultés sécuritaires sur le continent, une autre source d’instabilité résulte des conflits militaires dans lesquels plusieurs pays de l'Union européenne se sont enlisés il y a plus d'une décennie et sans réelle stratégie. Ces guerres ont fini par se propager aux régions voisines et se sont rapprochées. Il semble donc indispensable de développer de nouvelles approches.

Tout d'abord, il est important de prendre conscience que la catastrophe qui résulte de ces conflits ne profite absolument à personne. Contrairement à ce qu’avancent certaines théories simplistes, même les plus fortunés et prévoyants n'ont aucun intérêt au prolongement de cette situation inhumaine au point de devoir s'enfermer dans des abris fortifiés jusqu’à succomber à une maladie physique ou mentale, ou à la suite d’événements imprévisibles.

Le nombre croissant de victimes, de réfugiés, de vétérans traumatisés... permet de prendre conscience qu’il est nécessaire :
1. de cerner de manière objective les causes qui ont conduit à ce désastre ;
2. de juger les responsables militaires et politiques qui ont sciemment communiqué des informations douteuses pour justifier ces interventions ;
3. d’élaborer des approches qui tiennent compte des besoins socio-économiques locaux, afin de mettre un terme à ces conflits.
Parallèlement aux opérations de stabilisation, intensifier les investissements à toutes les échelles semble être une voie à privilégier pour parvenir à de véritables progrès. Un soutien international, aussi bien public que privé, permettrait de soutenir des projets de développement qui s’adressent directement à la population. Ils pourraient par exemple être basés sur des solutions de microcrédits sans intérêt pour encourager l’initiative personnelle, ainsi que faire appel à des formations en ligne, où cela est possible, dans des domaines clés tels que :
- la construction de logements et de villages autonomes (en dehors des centres urbains non sécurisés ou détruits) à partir de matériaux locaux, à l’image des habitations fiables réalisées en quelques semaines à partir de terre crue compactée ;
- l’accroissement de l’autonomie alimentaire à l’aide de techniques de culture "hors-sol", utilisées à petite échelle ;
- l’installation d’équipements pour épurer l’eau, ou pour en obtenir à partir de l’humidité de l’air ; avec par exemple les tours "Warka", construites avec des composants rudimentaires, qui permettent de récolter des dizaines de litres d’eau potable par semaine, y compris dans des zones arides ;
- la fabrication d’unités mobiles de production d’électricité, composées de quelques cellules photovoltaïques ou d’éoliennes portables par exemple ;
- l’organisation de projets ;
- la communication.


Les formations dispensées aux membres des forces armées pourraient aussi inclure des compétences plus générales, telles celles mentionnées dans le paragraphe précédent, afin :
- de soutenir le redressement de l’économie dans des zones stabilisées ;
- de participer à l’organisation de stages destinés aux populations locales ;
- et, également, de faciliter un retour à la vie civile après un déploiement à l’étranger.

Renforcer les efforts de reconstruction et de relance économique semble faire partie des moyens efficaces pour parvenir à une amélioration durable du climat sécuritaire, dans l’intérêt de tous.




4.2. Tendance au progrès - possibles pistes de réflexion

4.2.1. L'encadrement et le contrôle en toute transparence des activités de surveillance

Quelle que soit la situation actuelle, les activités de surveillance de la population ne devraient en aucun cas autoriser des abus assimilables à de la torture, comme le harcèlement, les provocations et les interventions invasives dans la vie privée. Ces méthodes provoquent des chocs psychologiques aux conséquences imprévisibles.
D'une part, les opérations destructives devraient cesser. Un certain niveau de respect de la vie privée semble aussi incontournable pour éviter de tomber dans le voyeurisme cynique le plus total comme cela tend à être le cas, vu les facilités offertes par les nouvelles technologies.
D'autre part, il semble être compréhensible de permettre aux forces de l'ordre de se décharger de certaines activités non intrusives sur le terrain, rigoureusement contrôlées et dont l'utilité est avérée. Mais au vu des régimes despotiques qui ont utilisé ces méthodes avant de s'effondrer, ou qui en sont proches, des mesures de protection suffisantes devraient être mises en place pour tous les citoyens, dans le respect des Conventions des droits humains. Des contrôles indépendants et exigeants devraient être prévus pour éviter les abus qui ont certainement lieu aujourd’hui et qui conduisent à une situation périlleuse. Les civils recrutés devraient ainsi répondre à des conditions strictes et faire l'objet de contrôles, notamment psychologiques, ainsi que de sanctions dissuasives en cas de négligence ou d'abus. De plus, ils ne devraient aucunement recevoir d'informations confidentielles qui pourraient les inciter à considérer ces activités comme récréatives, étant donné la sensibilité de la situation. Il va de soi qu'il est indispensable de proscrire l’utilisation de mineurs, de personnes en situation de difficulté ou de faiblesse (comme des demandeurs d'emploi, des individus en dépression, en maladie ou ayant des problèmes de consommation abusive d'alcool ou de stupéfiants), et d’individus qui ont eu recours à des services quelconques liés de près ou de loin au trafic d’êtres humains.
Une formation évaluée, incluant des explications claires sur les conséquences psychologiques que ces activités pourraient leur causer et sur celles qu'elles pourraient causer par négligence, ainsi qu'un délai de réflexion, des commentaires anonymes sur la pertinence de leurs activités, et une possibilité de retrait devraient être rendus obligatoires. Ceci, afin d’éviter par exemple les dérives de la part de certains responsables pouvant être sous pression ou dépassés.
Des mesures supplémentaires semblent aussi nécessaires pour éviter à tout prix que ces activités sensibles soient encouragées et qu'elles deviennent une sorte de source de divertissement sur le dos de la population pour quelques privilégiés qui pourraient se croire à tort être au-dessus des lois parce qu'ils ont un accès temporaire à des logiciels de surveillance. Dans ce sens, il est aussi évident que les privilèges ou rémunérations en nature ne devraient aucunement être tolérés. Toute rémunération, régulière ou à terme, devrait être légale et financière. De plus, des durées de formation et des délais de réflexion de plusieurs semaines semblent indispensables.

Il serait aussi utile de remplacer ces pratiques par des mesures modérées afin de s'éloigner d’une situation dangereuse. Des partenariats avec les organisations de défense des droits humains pourraient être mis en place pour travailler sur ce point. Une structure intermédiaire transparente pourrait par exemple être prévue pour prendre contact avec les citoyens visés par des mesures de surveillance, au lieu de les harceler et de les provoquer inutilement.
Des séances d'information et de médiation de la part des forces de l'ordre devraient aussi être organisées afin d'informer le grand public sur ces pratiques et sur leurs limites. Ces séances permettraient par exemple d'expliquer les conditions temporaires, les objectifs, et les principaux mécanismes de contrôle et de correction mis en place pour éviter toute dérive. Elles permettraient aussi d’éviter des interventions néfastes, de réduire les malentendus et les préjugés qui tendent à se renforcer, et d'améliorer la communication sur un sujet qui concerne toute la société. Tout cela, dans le but de permettre un meilleur climat sécuritaire.
Étant donné le caractère particulier de la situation actuelle, ces activités et leurs conséquences nécessitent d'être revues à l’échelle nationale par des commissions parlementaires indépendantes, et éventuellement à l'échelle de l'Union européenne en faisant par exemple recours à la Cour européenne des droits de l'homme.




4.2.2. En résumé

Plus que jamais auparavant, il semble indispensable d'insister sur le fait que personne n'est au-dessus des lois, ni le roi, ni les élus politiques, et certainement pas quelques membres des forces de l’ordre qui encouragent des comportements excessifs menaçant l'ensemble de la société. Les mesures de sécurité disproportionnées et les abus évidents commis par quelques agents n'améliorent en rien le climat actuel. Au contraire, cela conduit au développement d'une situation cynique et incontrôlable qui s'ajoute à une méfiance accrue envers les services de sécurité, le tout ne faisant qu'aggraver les choses, bien évidemment.

Des enquêtes publiques et des sanctions exemplaires en ce qui concerne les excès commis ces dernières années semblent nécessaires pour comprendre les lacunes actuelles. Elles permettraient aussi de restaurer la confiance dans des services de sécurité qui ont laissé certains de leurs agents contourner les principes de base du respect des droits fondamentaux et de la Constitution, et qui ont ainsi porté atteinte à l'intégrité de leur service.

Étant donné les dérives récentes, l'une des priorités semble être de renforcer les services de sécurité. Ce renforcement ne devrait certainement pas se faire en permettant à certains individus de bafouer les Conventions internationales des droits humains et de fragiliser l'État de droit, mais en répondant plutôt aux véritables difficultés, en particulier en ce qui concerne :
- le recrutement ;
- la formation ;
- la communication ;
- l'encadrement de leurs activités.


4.3. Questions pour poursuivre la réflexion

4.3.1. Comment améliorer la transparence des services de sécurité civils et militaires ?

4.3.2. Comment enquêter efficacement sur les membres des services de sécurité qui ont cherché le moindre prétexte pour manipuler des civils cyniques ou naïfs comme de vulgaires marionnettes, qui ont utilisé des méthodes de torture psychologique contre des citoyens innocents, et qui ont permis à des autocraties instables, comme la dictature du Maroc, d’étendre librement leurs activités illégales de surveillance et de harcèlement sur le territoire belge ?


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