· Chapitre 2 : Individu


Apprentissage et esprit critique

Ce chapitre souligne l'importance de renforcer l'apprentissage, notamment pour pouvoir répondre aux changements sociétaux.



2.1. Tendance à la régression

2.1.1. Ni le statu quo nuisible, ni l'indépendance destructive

Les tensions régionales qui perdurent en Belgique nécessitent le développement d'une nouvelle approche de l'aspect communautaire. D’une part, le statu quo nuisible a conduit à des réformes "rustines" qui n'ont fait que diffuser les difficultés rencontrées dans des sous-structures encore plus complexes, onéreuses et difficiles à gérer au quotidien. Les solutions mises en place pour la situation de l'arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde, des bourgmestres non nommés, et la gestion régionalisée des transports en commun en périphérie bruxelloise, en sont des exemples. Les discussions interminables entre autorités locales autour de la construction du nouveau stade de football constituent un autre exemple de ces aberrations.
Toutes les rustines accumulées sont de plus en plus coûteuses en termes d'énergie, de temps et de fonds publics. L'une des principales raisons qui ont permis de conserver un niveau de vie relativement élevé malgré cela est la cession d’actifs de l’État, l'augmentation de la dette nationale, les coupures budgétaires dans les services publics, et la détérioration des droits des pensionnés et des travailleurs. C’est en quelque sorte de cette façon que les tensions communautaires ont été "financées" pendant des décennies, il serait donc temps de remettre en question certaines mauvaises habitudes. Tout d’abord, parce qu'elles sont souvent d'une absurdité déconcertante. Ensuite, parce qu'elles représentent un luxe que nous ne pourrons bientôt plus nous offrir.
D’autre part, elles continuent d’accentuer les tensions séparatistes, ce qui aggrave la situation sur tous les plans. À ce sujet, l'indépendance d'une partie du pays ne résoudrait aucune difficulté. Elle ne ferait qu’exacerber les problèmes existants, créerait plus de précarité, et dégraderait davantage le bien-être commun. Il est certain qu'avoir une région voisine affaiblie ne ferait que détériorer les choses. Face à cela, certains n'hésiteront certainement pas à développer de nouvelles pseudo-propositions "rustines", parmi lesquelles il y aura peut-être un projet inutile, coûteux et irréaliste de mur infranchissable ? Historiquement, ce genre de propositions a toujours été d’actualité en l'absence de vision et de projets de développement positif. De nos jours, des kilomètres de barrières séparent encore certains quartiers catholiques et protestants dans la ville de Belfast, en Irlande du Nord, afin de limiter les risques de conflits communautaires. Ces obstacles ridicules nous rappellent que "la bêtise humaine" peut aller très loin, si on ne l’arrête pas en faisant preuve de respect, d’intelligence et de transparence.

Chez nous, pour réagir positivement, nous n'avons pas à attendre que la situation actuelle devienne plus complexe. Nous pouvons dès à présent intensifier les efforts pour la construction de ponts linguistiques et culturels indispensables à une meilleure compréhension mutuelle et au dépassement de tensions qui persistent depuis (trop) longtemps.



2.2. Tendance au progrès - possibles pistes de réflexion 

2.2.1. L'importance de l’engagement personnel

L’apprentissage de certaines matières pourrait être enrichi à l’aide de projets qui encouragent l’engagement personnel. En ce qui concerne les langues par exemple, depuis trop longtemps la majorité des Bruxellois, Flamands et Wallons qui étudient l'autre principale langue nationale de Belgique se contentent d’apprendre par cœur des listes de mots pendant des années sans jamais avoir l'occasion de parler la langue. Résultat : la participation active à une discussion de base est souvent difficile. Cette problématique n'est pas propre à la Belgique comme certains le répètent. Dans la plupart des pays développés, l'enseignement des langues est semblable, avec des résultats décevants.
Les études dans ce domaine montrent pourtant que l’acquisition de connaissances linguistiques ne fait pas uniquement appel à la mémoire, mais aussi à d’autres fonctions cognitives. Le fait de rester assis en classe, dans un endroit fermé, ne permet pas de les stimuler au mieux et n'encourage pas les étudiants à s'investir personnellement. Il semblerait plus utile, intéressant et motivant d'apprendre et d'utiliser un vocabulaire de base dans un domaine pour lequel on a un minimum d'intérêt plutôt que d'étudier par cœur des milliers de mots, qui sont généralement oubliés après les examens.

Pour ma part, je me rappelle avoir toujours eu de mauvaises notes en néerlandais à l'école. Le fait d'entendre un tas d'absurdités sur cette langue ne m'avait pas encouragé à fournir des efforts supplémentaires. De façon assez surprenante, je n'ai commencé à comprendre le néerlandais qu'après avoir fini mes études secondaires et grâce à un projet de volontariat de six mois en Allemagne (dans un jardin d'enfants Montessori, dans le cadre du Service Volontaire Européen). Après avoir appris les bases de l'allemand et être rentré en Belgique, j'ai été surpris de réaliser que ces connaissances me permettaient enfin de comprendre un peu le néerlandais ! L'allemand et le néerlandais ont en effet une racine germanique commune et partagent de nombreux mots. Après mes études supérieures, j'ai eu l'occasion d'améliorer mon niveau en néerlandais en suivant des cours du soir et en discutant avec des collègues néerlandophones.
Une façon efficace (parmi d’autres) d’apprendre une nouvelle langue est de prendre part à un cours intensif de quelques semaines afin d’acquérir les bases de la prononciation, du vocabulaire et de la grammaire, et ensuite de mettre cela en pratique dans un environnement "stimulant, détendu et respectueux" ; ce genre de contexte semble essentiel pour se concentrer sur l'acquisition de nouvelles connaissances et compétences.
J’ai suivi cette démarche après m’être installé en Suède. Un cours intensif de quelques semaines m’a permis de découvrir les spécificités du suédois. Après ce cours, j'ai pu mettre ces connaissances en pratique en effectuant quelques heures de volontariat par semaine dans une ASBL suédoise active dans le domaine social. Ce n'est jamais facile au début, mais l'intérêt de participer à un projet concret rend l’apprentissage beaucoup plus intéressant et motivant.

Il semble évident que la pratique est indispensable pour les formations linguistiques. Les cours donnés en classe pourraient par conséquent être partiellement remplacés, ou complétés, par des activités engageantes qui stimulent la motivation et la capacité à apprendre, telles que des cours de sport, des ateliers créatifs d'art, de stylisme ou de musique, des stages ou du volontariat. Il y a suffisamment de bus, de trains et de routes pour permettre à la plupart des néerlandophones et des francophones de Belgique de prendre part à ce genre d'activités dans l'autre communauté linguistique, ne serait-ce qu'une demi-journée par semaine, un jeudi après-midi par exemple. Ce genre d’initiatives pourrait être encouragé par les pouvoirs publics nationaux.
L'apprentissage par la pratique n'est pas une solution universelle pour toutes les matières et pour tout le monde, mais c'est sans aucun doute une piste intéressante pour améliorer la situation actuelle dans plusieurs domaines. Cela pourrait s'ajouter aux efforts de promotion de l'enseignement "en immersion" en le complétant à l'aide d’animations dans une autre langue nationale, en dehors du cadre purement scolaire.
De nos jours, de tels changements semblent indispensables et présentent des avantages supplémentaires ; aussi bien sur le plan professionnel en donnant accès à un plus grand réseau, à plus d'opportunités d'emploi et à de meilleures conditions salariales, que sur le plan personnel au niveau du développement intellectuel et de l'accès à un plus large éventail d'activités culturelles et de formations. Cela permettrait aussi et surtout de construire une partie des ponts nécessaires à la compréhension et au soutien mutuels qui font parfois défaut à une société développée et multiculturelle. Ce qui semble manquer aujourd'hui, c'est avant tout une structure ou une organisation commune plus accessible, pour faciliter et promouvoir ce type d'initiatives. Les résultats obtenus pourraient être surprenants par rapport aux difficultés que nous connaissons, mais il faudrait pouvoir aller à l’encontre des instincts de régionalisation qui nous ont trop longtemps détournés des vraies difficultés.

En ce qui concerne d’autres domaines que les connaissances linguistiques, comme les sciences, de nouveaux projets basés sur la pratique pourraient encourager la créativité et les réflexions citoyennes, de plus en plus indispensables dans notre société. Les idées qui seront développées au point 2.2.5. L’inclusion d’activités pratiques en sont quelques exemples.

À côté des initiatives qui visent à renforcer l’engagement personnel dans l’apprentissage et à encourager le dialogue entre citoyens, il semblerait aussi utile de s’intéresser aux aspects biologiques des comportements humains. Être capable de mieux se comprendre, soi-même et les autres, et de se remettre en question, est en effet essentiel.
Le célèbre psychanalyste et écrivain suisse Carl Gustav Jung encourageait ce genre d’efforts, avec les propos suivants par exemple : « En comprenant l’inconscient, on se libère de sa domination » [1].
Sur le plan psychologique, social et sociétal, on pourrait éventuellement ajouter que les comportements du passé seront inconsciemment reproduits dans des contextes similaires jusqu’à ce qu’on parvienne à une meilleure compréhension des mécanismes biologiques qui les influencent.
Les passages qui suivent n’ont pas pour objectif de résumer des aspects complexes de la psychologie humaine. Ils visent plutôt à mentionner quelques éléments-clés et à susciter plus d’intérêt pour la compréhension de la nature de l’être humain.

2.2.2. Le développement du cerveau et des capacités intellectuelles

Le corps humain possède différents mécanismes biologiques qui lui permettent, dans une certaine mesure, de s’adapter en permanence à son environnement et à ses activités quotidiennes.
La peau d'un individu régulièrement exposée au soleil a par exemple tendance à brunir pour se renforcer, grâce à la production de mélanine.
De même, un individu qui a un mode de vie physiquement exigeant, ou qui fait régulièrement du sport, enclenchera des mécanismes biologiques qui renforceront les muscles sollicités.
D'une façon assez surprenante, le cerveau s'adapte aussi en fonction des activités cognitives du quotidien. Le développement des facultés cérébrales liées à l’acquisition inconsciente de connaissances linguistiques au plus jeune âge (l’apprentissage d’une ou plusieurs "langues maternelles") en est un exemple bien connu.
[14] Chaine YouTube "YaleCourses", Université de Yale, Introduction à la psychologie - 6. Comment communique-t-on ?
https://youtu.be/Uf9tlbMckS0  (vidéo, durée 56:30, en anglais avec sous-titres en anglais)

Les avancées technologiques récentes dans le domaine des IRM fonctionnelles et les recherches en neurosciences ont permis de mettre en évidence le fait que le cerveau n'est pas un organe figé dont les principales caractéristiques seraient prédéterminées à la naissance. Il possède plutôt une certaine plasticité, qui offre des possibilités de développement tout au long de la vie, selon les interactions avec le milieu extérieur. C'est également cette plasticité qui permet d'accumuler des connaissances, de développer des compétences, de s'adapter à différents modes de vie, ou qui peut être à l'origine de burnouts ou de changements comportementaux à la suite d’une exposition à une situation stressante intense ou prolongée.

À l'image de la masse musculaire qui s'adapte, en s'atrophiant ou en se développant, en fonction des habitudes physiques, les facultés cérébrales s'adaptent en partie selon les activités intellectuelles. Cette capacité peut être régressive ou progressive.


Exemples d'adaptation régressive :

On entend parfois que le stress peut pousser à des actions sottes, irresponsables ou violentes. Ou encore, qu’il peut causer des "trous de mémoire". Pour être plus précis, on pourrait ajouter que dans une situation de danger potentiel ou d’incompréhension soudaine, le corps produit un ensemble d'hormones (notamment de l’adrénaline et du cortisol) qui agit instantanément en affaiblissant les facultés intellectuelles avancées, comme le raisonnement, pour pouvoir renforcer les fonctions primaires plus utiles à la survie, telles celles liées à l'attention et à la motricité. Ces mécanismes permettent de se préparer face à une possible menace. Ils feraient partie de l'instinct de survie, qui a permis à nos ancêtres de faire face aux dangers omniprésents dans la nature, pendant des milliers d'années.
Dans notre société moderne, qui n'a pas plus d'une centaine d'années et qui est caractérisée par de nombreuses interactions, ces automatismes inconscients sont le plus souvent activés "par erreur". Ils peuvent parfois avoir des conséquences désastreuses, ce qui devrait encourager à les comprendre pour mieux les contrôler et améliorer notre quotidien.

Suite à une expérience traumatisante, un contexte de stress d'une forte intensité ou prolongé, une production anormale d'hormones s'attaque au cerveau, et détruit un nombre significatif de neurones et de connexions neuronales. Cette situation peut provoquer un dérèglement de facultés cérébrales, et être à l'origine de troubles mentaux comme les crises d'anxiété, les dépressions prolongées, les burnouts, les changements de personnalité, et d’autres troubles qualifiés de post-traumatiques (PTSD). Dans certains cas, le cerveau va jusqu'à s'atrophier. Cela conduit à des effets néfastes comme de grandes difficultés de concentration et de discernement, une perte de repères à l’origine de comportements irrationnels ou violents, ou encore une forme de souffrance psychologique. Le cas de personnes devenues moins sensibles émotionnellement (qui réagissent par exemple faiblement à des situations abjectes) est un exemple de dégradation de fonctions cognitives liée au stress. En effet, la plupart du temps, c'est l'exposition à des événements traumatisants qui a entrainé une destruction de neurones, et un dérèglement de l'amygdale cérébrale et de l’hypothalamus, tous deux responsables de la gestion des émotions.
Les liens qui suivent expliquent brièvement les effets du stress sur le cerveau :
[15] Madhumita Murgia et Andrew Zimbelman, Comment le stress affecte le cerveau ?
https://youtu.be/WuyPuH9ojCE  (vidéo, durée 4:16, en anglais avec sous-titres en français)[16] American Psychological Association, Les différents types de stress
http://www.apa.org/helpcenter/stress-kinds.aspx  (texte, en anglais)[17] Programme télévisé "France 5, Allô Docteurs", Le burn out, comment s'en sortir ?
https://youtu.be/284mL4UUmrw  (vidéo, durée 25:14, en français)
Plus généralement, quand un individu ou un groupe d’individus a de grandes difficultés à s’adapter à son environnement ou à son mode de vie, les mécanismes liés au stress se prolongent dans le temps. Ils conduisent à une limitation progressive des facultés cérébrales avancées qui sont les plus coûteuses en termes d’énergie et de temps.
D’une certaine manière, ces mécanismes autodestructeurs semblent mener à une adaptation régressive, incontrôlée, qui cherche un nouvel équilibre à un niveau de complexité inférieur afin de s’adapter à des conditions d’instabilité persistantes. Ils peuvent aussi être vus comme un signal qui devrait encourager à fournir des efforts supplémentaires, notamment intellectuels, pour se dépasser et surmonter les difficultés rencontrées.

À côté des hormones produites par le corps, des substances extérieures telles que l’alcool et les drogues affectent aussi le fonctionnement du cerveau de manière temporaire. Elles peuvent en dégrader les capacités cognitives, provoquer des changements comportementaux et, dans certains contextes, créer une dépendance qui conduit à un cercle vicieux.


Exemples d'adaptation progressive :

Les aptitudes intellectuelles d'un individu peuvent se développer grâce à l'acquisition de connaissances et compétences, à une alimentation saine et variée, et à des exercices intellectuels comme la méditation, et physiques comme la marche. L'apprentissage d'une langue permet par exemple de développer des connexions neuronales entre différentes parties du cerveau (celles liées à la mémoire, à l'attention, à l'ouïe, à la parole…). Ces nouvelles connexions offrent ensuite des facilités pour toute autre activité qui fait appel aux mêmes facultés.
Les travaux en neurosciences conduits par l'experte de renommée internationale Helen Neville, directrice du "Brain Development Lab" de l'Université de l'Oregon, ont permis de mettre en évidence l'impact significatif que l'environnement et les expériences personnelles cumulées ont sur le développement du cerveau et des fonctions cognitives. [18] Helen Neville, Association for Psychological Science, Développement du cerveau et neuroplasticité
https://www.psychologicalscience.org/observer/brain-development-and-neuroplasticity 
 (vidéo, durée 50:13, en anglais)
[19] Programme télévisé "France 5, Enquête de Santé", Méditation : une révolution dans le cerveau
https://youtu.be/JD2dv1TbhD8  (vidéo, durée 52:26, en français)


Contrairement à certaines croyances populaires, les facteurs génétiques individuels jouent un rôle généralement mineur dans le développement des capacités intellectuelles et de la personnalité. Dans notre société moderne, ces facteurs sont le plus souvent insignifiants par rapport à l'importance des expériences personnelles cumulées et à leurs influences sur la plasticité du cerveau. Comme exemple bien connu d'aberrations, il y a les idées reçues qui avancent que des caractéristiques génétiques propres aux femmes font qu'elles sont moins douées en mathématiques. Ce sont bien sûr des absurdités, les spécificités génétiques liées au genre n'ont pas d’influence significative sur l'apprentissage des mathématiques. Ce sont plutôt les clichés que certaines personnes véhiculent qui posent des obstacles, représentent un facteur de démotivation, et peuvent ainsi avoir un impact négatif sur ce plan.
Il semble clair que ce qui a une influence majeure sur les facultés cognitives, c'est d'une part l'environnement d'apprentissage, et d'autre part la façon dont la société discrimine ou traite différemment les individus selon certaines caractéristiques physiques, culturelles ou sociales. Un professeur qui affirme par exemple que les étudiants dotés de certaines caractéristiques obtiennent de moins bons résultats, finira par créer un sentiment d'iniquité, et une source supplémentaire de stress et de démotivation qui pourraient, en effet, conduire à de moins bons résultats. On peut parler de prophéties autoréalisatrices dans ce cas.

En ce qui concerne l'aspect biologique de ce qu'on appelle "les émotions" (peur, colère, tristesse, joie...), on peut ajouter qu'elles sembleraient être le résultat de réponses déclenchées par le cerveau pour anticiper ou aider à faire face à une situation. Ces réponses seraient spécifiques à un individu en fonction de ses expériences personnelles passées, et elles seraient responsables de ces "sensations" négatives ou positives, d'intensité variable, que sont les émotions.
La courte vidéo suivante donne, sur un ton un peu décalé, un aperçu de ces réponses instinctives qui seraient liées aux émotions :
[20] Fabrice de Boni et Axel Lattuada, Et tout le monde s'en fout #3 - Les émotions
https://youtu.be/_DakEvdZWLk  (vidéo, durée 3:42, en français)
Sur un ton plus sérieux, le docteur Alan Watkins explique dans la vidéo qui suit l'utilité de chercher à mieux comprendre les émotions :
[21] Alan Watkins, Pourquoi vous ressentez ce que vous ressentez
https://youtu.be/h-rRgpPbR5w  (vidéo, durée 20:18, en anglais avec sous-titres en français)

L’être humain nait avec la capacité d'acquérir et de développer toutes sortes de compétences, linguistiques, scientifiques, artistiques, etc. On sait par exemple qu'un enfant est capable d'apprendre plusieurs langues, de l'anglais au japonais, en s'exposant simplement à un environnement où elles sont parlées. Le temps qui passe et qui donne une structure plus mature au cerveau réduit progressivement ce potentiel exceptionnel de départ, mais permet en contrepartie de développer des fonctions cognitives plus avancées comme la capacité de raisonnement et de synthèse. Les expériences personnelles cumulées font aussi que, tout au long de la vie, les capacités d'apprentissage sont en permanence affaiblies ou renforcées en fonction des activités.
Le potentiel de développement intellectuel semble indéterminé à la naissance et évolue selon le parcours individuel. Celui-ci peut progressivement renforcer l'un ou l'autre extrême, du potentiel néfaste d'un individu devenu insensible et destructeur à cause d'un milieu extrêmement négligent ou d’événements traumatisants... au potentiel bénéfique d'un individu créatif et humaniste qui a eu l'opportunité de développer ce qu'il y a de meilleur dans la nature humaine. C'est à nous tous de chercher à améliorer notre environnement au quotidien pour permettre à chacun de mieux faire face aux difficultés personnelles et d'avoir l'opportunité de s'épanouir dans une société durable.


2.2.3. Le renforcement de l'esprit critique

Le renforcement de l'esprit critique est primordial et devrait être encouragé dans tous les contextes, à l'image des cours d'éducation aux médias déjà donnés dans certaines écoles. Ces cours visent à analyser les différences de points de vue sur un sujet afin d'en déterminer la pertinence et d’en comprendre les possibles objectifs (faire de l’audience, fidéliser un certain public, informer de manière impartiale...).
[22] Christophe Michel, La désinformation et l’éducation aux médiashttps://youtu.be/ppU_XuaDUaQ  (vidéo, durée 14:04, en français)

Pour mieux comprendre l'environnement dans lequel on évolue, il devient essentiel de développer l'esprit critique, et en particulier aujourd’hui face aux informations de toutes sortes, plus ou moins utiles et fiables, auxquelles nous sommes exposés. Cela passe par exemple par plus d'intérêt pour les travaux qui ont permis de découvrir qu’on fait appel à des biais cognitifs, aussi appelés "faiblesses cognitives". Il est plus qu'intéressant d’en prendre conscience pour mieux comprendre les erreurs du passé et prendre de meilleures décisions en phase avec les valeurs personnelles.
Ce sont des sortes de raccourcis intellectuels qu'on utilise inconsciemment. Ils permettent de limiter le temps de réflexion pour pouvoir prendre plus rapidement des décisions qui semblent urgentes ou simples. Ils peuvent parfois mener à des impasses ou à des aberrations. Celles-ci sont par exemple exploitées par des pratiques agressives de marketing qui poussent à la (sur)consommation de tout et n'importe quoi, comme le tabac, les réseaux sociaux numériques, ou encore la désinformation à des fins commerciales ou de propagande politique.
Ces deux présentations donnent quelques conseils au sujet des biais cognitifs :
[23] Olivier Sibony, Comment éviter les biais cognitifs ?
https://youtu.be/FZJwRRsmeyY  (vidéo, durée 14:48, en français)
[24] Chaine YouTube "Practical psychology", Comment penser d'une façon plus logique, en évitant les biais cognitifs ?https://youtu.be/wEwGBIr_RIw  (vidéo, durée 10:08, en anglais avec sous-titres en anglais)

Comme exemples, on peut citer l’ancrage, le biais de confirmation, l’excès de confiance, la dissonance cognitive, la pensée de groupe, et l’obéissance aveugle à toute forme d'autorité, réelle ou supposée, qui peuvent être brièvement expliqués ci-dessous.

- "L'ancrage" est la tendance à être influencé de façon déterminante par les premières informations reçues sur un sujet, même si ces informations sont exagérées ou absurdes.

- "Le biais de confirmation" pousse inconsciemment à tenir compte de toute information qui peut conforter les premières opinions tout en évitant volontairement d'en évaluer la pertinence.

- "La dissonance cognitive" est ce qui pousse à se convaincre d'aberrations afin de contourner une certaine gêne morale ou intellectuelle.

- "La pensée de groupe" (qui devrait plutôt être appelée "la non-pensée de groupe") est un phénomène interpersonnel qui produit de faux consensus irrationnels. Il pousse à des suppositions erronées qui conduisent les individus d'un groupe à ignorer leurs propres opinions et à prendre des décisions contraires à leurs valeurs, à leurs intérêts, et aux objectifs individuels et collectifs.

- "L’excès de confiance" est ce qui peut entrainer un enchainement de décisions désastreuses par peur d'accepter que les suppositions de départ aient été absurdes. C’est ce qui pousse encore aujourd’hui certains responsables des services de sécurité de pays démocratiques à poursuivre les interventions militaires irréfléchies en Afghanistan et en Irak par peur de devoir rendre des comptes, et à armer des dictatures instables jusqu’aux portes de l’Europe pour tenter de conserver quelques intérêts précaires ; quand bien même ces actions n’ont fait que détériorer le contexte économique et sécuritaire international, et ont favorisé la formation d’organisations criminelles.

- "L'obéissance aveugle à l'autorité" est ce qui peut faire croire à tort qu’une personne n’est pas responsable des dégâts physiques ou psychologiques consécutifs à ce qui lui a été demandé, ou a été autorisé, par une figure d’autorité réelle ou supposée. Cette obéissance aveugle peut se présenter dans le cadre coercitif d'une entreprise ou d'un service de sécurité comme les travaux des chercheurs Stanley Milgram (critiqué par certains psychologues tels qu’Alex Haslam) et Philip Zimbardo l'ont mis en évidence. Il n'est pas nécessaire d'insister longuement sur le fait que tout le monde est moralement et légalement responsable de ses agissements, dans tous les cas, même si un responsable d'entreprise ou une figure d'autorité quelconque pousse, encourage ou autorise à commettre des abus.
Dans un contexte de grand stress sociétal, causé par exemple par une instabilité économique et une pauvreté généralisée qui se prolongent sur plusieurs années, l'obéissance aveugle peut conduire de simples citoyens à commettre des atrocités à grande échelle à l'image des désastres humains qui ont eu lieu en Europe et en Afrique au cours du 20e siècle.
Les anciens régimes autoritaires d'Europe de l'Est et de l'Union soviétique avaient aussi utilisé cette obéissance aveugle pour encourager la délation de toute activité ou idée "potentiellement dérangeante" et pousser des civils à surveiller leurs voisins, leurs collègues ou de simples inconnus dans les espaces publics.
En Belgique, d'une façon alarmante, des membres des services de sécurité ont développé des pratiques similaires en manipulant des civils, cyniques ou naïfs, pour surveiller de façon intrusive, voire harceler, leurs concitoyens. En prétextant devoir répondre à une menace sécuritaire furtive, ils chercheraient à mettre en place une forme d'État policier instable basé sur des pratiques qui, en ce qui concerne la sécurité, se sont déjà montrées inutiles par le passé, sans parler de leur illégalité et de leur dangerosité pour l’ensemble de la société. Ces méthodes sont à l’origine de troubles psychologiques aux conséquences imprévisibles, et peuvent causer des comportements violents à l’égard de représentants des forces de l’ordre ou de simples inconnus. Plus généralement, il semble évident que des pratiques qui menacent la sécurité nationale et l’intégrité de l'État de droit ne peuvent en aucun cas aider à les protéger, c'est tout le contraire.
La vidéo suivante résume les résultats des travaux des chercheurs Stanley Milgram et Philip Zimbardo sur l'obéissance aveugle à toute forme d'autorité, qui peut aller jusqu'à conduire de simples individus à contourner les lois et à commettre des crimes :
[25] Chaine YouTube "OTB - Outside the box", Le top 5 des études de psychologie sociale qui vous feront requestionner les choses
https://youtu.be/pkM9MYiARM8  (vidéo, durée 12:39, en français)


Parmi les exemples liés à l'ancrage et au biais de confirmation, mentionnons les préjugés basés sur la langue nationale parlée. Les clichés et discours simplistes sur les néerlandophones et les francophones sont courants. Ils sont renforcés par des médias des deux côtés, qui en profitent parfois pour jeter de l'huile sur le feu et ainsi plaire à une certaine audience... Il semble évident que le fait de parler une langue n'influence pas, négativement ou positivement, des caractéristiques personnelles comme l'ouverture d'esprit, les capacités intellectuelles, l'esprit entrepreneurial, les talents individuels, la générosité, et le sérieux. Ce qui est surprenant en ce qui concerne ces préjugés basés sur la langue, c'est qu'il y a une cinquantaine d'années, à l'époque où la région francophone était plus prospère que la région néerlandophone, la plupart d’entre eux étaient inversés. Il est clair que si une région connait temporairement plus de difficultés qu'une autre, ce n'est pas parce qu'on y parle une certaine langue ou à cause de spécificités culturelles, mais bien parce qu’elle a eu à un moment donné plus de difficultés à s'adapter à des changements économiques mondiaux. C'était le cas de la région francophone dans les années 1960, en particulier à cause d'une forte dépendance à des industries en déclin, le charbonnage et la sidérurgie.
Comme autre exemple lié à ces mêmes biais cognitifs, on peut citer les préjugés selon lesquels les femmes auraient de moins bons résultats dans les domaines scientifiques que les hommes. Il y a moins d'une centaine d'années, ces absurdités étaient encore perçues comme des vérités incontestables. De nos jours, il y a suffisamment de femmes diplômées dans les domaines scientifiques les plus avancés pour constater que c'est avant tout l'environnement d'apprentissage, l'encadrement et les possibilités de développement intellectuel qui font qu'un individu excelle dans un domaine particulier, quels que soient son genre, sa langue maternelle, la couleur de sa peau, de ses cheveux et de ses yeux.
Il serait utile de remettre en question tous les préjugés qui encouragent les discours provocateurs et les comportements discriminatoires. Cette remise en question concerne les préjugés avec lesquels on peut avoir grandi, qu'ils soient basés sur des différences linguistiques, ethniques, religieuses, philosophiques, politiques, ou qu'ils visent des représentants de la fonction publique, comme les élus politiques ou encore les membres de services de sécurité. Aujourd'hui, des changements majeurs sont en cours avec une mondialisation accélérée et l'arrivée de technologies disruptives telles que les nouvelles sources d'énergie propre, l'intelligence artificielle, l'impression en trois dimensions et la nanorobotique. L'une des priorités actuelles semble être de chercher à dépasser les barrières créées par certains préjugés pour pouvoir aller de l'avant et se préparer au mieux face aux changements sociétaux.

Tout être humain peut tomber dans le piège des biais cognitifs. Cela touche aussi bien les enfants en bas âge, que les responsables de service de sécurité et les représentants de gouvernements.
Il est intéressant de souligner que ces biais sont renforcés dans une situation de fatigue ou de stress. Il semble aussi qu’ils soient liés à des fonctions intellectuelles "primaires" qui se seraient développées en accumulant des automatismes de nature biologique, au cours de milliers d'années de survie en milieu hostile. Dans un tel environnement, la survie au quotidien est dépendante de la capacité à prendre des décisions simples sur base d’expériences passées, transmises ou vécues, dans des conditions comparables ; la couleur, la forme et l’odeur de plantes donnent des indices sur leur dangerosité ou leur qualité nutritive, il en est de même pour les comportements animaux offensifs ou inoffensifs, et les interactions humaines hostiles ou amicales.
La plupart des décisions prises aujourd'hui sont plus complexes et nécessitent de mieux comprendre les faiblesses des mécanismes cognitifs afin d’éviter toutes sortes d’illogismes, et de jugements erronés aux conséquences désastreuses.

Quelle que soit l'origine des biais cognitifs, il semble utile de s'y intéresser dans le but d'améliorer les prises de décisions. S’intéresser à leurs causes et à leurs conséquences permettrait en particulier de mieux appréhender les difficultés rencontrées, et de prendre de meilleures décisions personnelles, professionnelles et sociétales.


2.2.4. La curiosité "utile"

Une autre priorité actuelle est la formation de citoyens qui s’interrogent sur le monde, qui possèdent les connaissances et compétences pour s’adapter plus aisément à de nouvelles situations tout au long de la vie, qui comprennent les principaux aspects de l’évolution des sociétés humaines (langue, consommation, organisation, services publics, entreprises privées, etc.), qui sont capables de remettre en question certains illogismes de notre société et, éventuellement, de proposer et de participer à l’élaboration de solutions positives.
De nos jours, de nombreux enfants sont encore surpris :
- de découvrir la provenance des aliments qu’ils consomment au quotidien ;
- d’apprendre que si on respire, boit et mange, c’est avant tout pour fournir au corps les particules dont il a besoin pour "fonctionner" ;
- ou encore, pour aborder brièvement quelques notions d’astronomie, de réaliser que tout semble faire partie d’un ensemble dynamique plus grand. Ainsi, même confortablement installé dans un divan, on se déplace à plus de cent mille kilomètres par heure en accompagnant notre planète "la Terre" qui effectue une rotation sur elle-même en un jour, et accomplit une révolution autour de notre étoile "le Soleil" en un an. Cette étoile orbite, avec des milliards d’autres astres, autour du centre de notre galaxie, "la Voie lactée", qui se déplace à son tour vers le cœur de notre superamas de galaxies "Laniakea", et qui n’est qu’un élément d’un réseau plus vaste en mouvement…
[26] Site d’information "Futura", À quelle vitesse se déplace la Terre dans l’espace ?
https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/astronomie-vitesse-deplace-terre-espace-8624/  (texte, en français)

La curiosité utile devrait être plus sollicitée, par exemple, en prenant conscience que rien ne semble aléatoire dans ce monde, et que les causes peuvent être multiples et complexes.
Le Soleil se serait par exemple formé en accumulant des atomes environnants sous l’effet de la gravité, avant de s’enflammer suite à la pression croissante.
Comme autre exemple, plus terre-à-terre cette fois, citons l’organisation du travail en cinq jours par semaine, et huit heures par jour. Cette organisation a été popularisée par l’industriel Henry Ford au début du 20e siècle. Elle visait à offrir plus de temps de loisir aux ouvriers afin d’accroitre la consommation et de stimuler l’économie.
Pour citer un dernier exemple du quotidien, prenons la disposition des lettres sur les claviers azerty adaptés à la langue française. Cette disposition particulière, différente de celle de l’alphabet, a été développée vers la fin du 19e siècle pour les machines à écrire. Elle permettait de limiter les risques de blocage entre tiges métalliques de touches voisines. Aujourd’hui, les contraintes techniques liées à l’utilisation de machines à écrire ne sont plus d’actualité. D’autres dispositions plus pratiques, comme celle du clavier bépo, offrent des améliorations significatives en ce qui concerne la vitesse d’écriture et l’ergonomie.


2.2.5. L’inclusion d’activités pratiques

Enseigner la lecture et l’écriture, les sciences sociales, la géographie, les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie, l’informatique, les langues étrangères, ainsi que l’histoire du pays, des sociétés humaines, et des courants religieux et philosophiques, reste essentiel dans l’enseignement primaire et secondaire. Cependant, cet apprentissage devrait inclure plus d’activités renforçant la curiosité des élèves et leur capacité à se questionner sur la société.
Des ateliers d’une demi-journée par semaine et étalés sur plusieurs mois offriraient par exemple la possibilité de développer des connaissances pratiques, et d’encourager les réflexions éthiques et citoyennes. Les trois sujets suivants donnent des idées de projets qui pourraient être mis en place dans le cadre de ce genre d’ateliers ; le degré de complexité et de détails serait évidemment adapté en fonction du niveau d’étude.

1)     L’installation d’un système aquaponique basique, pour quelques centaines d’euros par an, pourrait illustrer un cas d’économie durable.
L’aquaponie est une technique de culture qui se base sur un écosystème en circuit fermé.
Un élevage de poissons produit des déjections qui sont transformées en nutriments par des bactéries présentes dans l’eau avant d’être assimilées par une culture de plantes. L’eau naturellement filtrée par ce processus retourne vers l’élevage. Ce système est complété par la nourriture de poisson, éventuellement d’origine végétale, et par l’apport de nutriments supplémentaires en cas de carence. La symbiose entre poissons, bactéries et végétaux, basée sur un cycle d’interactions complémentaires, représente une source d’inspiration qui pourrait être utile dans d’autres domaines.
[27] Association "Aquaponia", Projets éducatifs
http://www.aquaponia.eu/projets-educatifs  (texte, en français)

[28] Chaine YouTube "Tout Compte Fait", Des produits bio gratuits… c’est possible !
 https://youtu.be/Fd3OeJTgf5U  (vidéo, durée 19:26, en français)
À côté des aspects liés à l’installation technique, aux domaines scientifiques (physique, chimie et biologie), aux normes de sécurité et au bien-être animal, diverses activités pourraient s’ajouter au projet de départ pour l’enrichir. La vente de la production agricole, au sein de l’établissement ou dans des commerces locaux, aiderait par exemple à illustrer des éléments-clés des échanges commerciaux et de la comptabilité, tels que les études de marché, le modèle d’affaires, l’organisation du travail, la gestion des commandes et des stocks, le financement sur fonds propres ou empruntés, les coûts et les revenus, les profits bruts et nets, le retour sur investissement, l’audit et la responsabilité sociétale.



2)     La conception virtuelle d’une maison passive à haut degré d’autonomie encouragerait à se questionner sur les besoins du quotidien et sur les nouvelles solutions disponibles. Ce projet, conduit individuellement et discuté en groupe, comprendrait les points suivants :

1 - La construction
Choisir le lieu (en ville, en périphérie, ou en milieu rural) en tenant compte des besoins en termes de déplacement pour se rendre à l’école, au travail, aux lieux de loisirs…
Préparer le plan du terrain et de l’habitation en prévoyant un salon, une cuisine, une salle de bain, une ou plusieurs chambres, etc.
Analyser et faire un choix parmi les possibilités pour la construction d’une maison passive, telles que :
- le compactage de terre crue ;
- la superposition de briques ;
- le coulage de béton ;
- l’assemblage de composants préfabriqués ;
- l’utilisation d’un ou plusieurs modules habitables ;
- l’impression en trois dimensions.
[29] Association "Communauté de Communes Val d’Ille Aubigné", Construire des maisons en terre crue
 https://youtu.be/jh9hEz4KGYA  (vidéo, durée 2:45, en français)

[30] Site d’information "Tech Insider - BusinessInsider.com", Une maison imprimée en trois dimensions pour moins de 4.000 dollars
 https://youtu.be/wCzS2FZoB-I  (vidéo, durée 3:12, en anglais avec sous-titre en anglais)
 
[31] Site commercial "PLACETechnologies.com", Votre maison, conçue par vous, construite en 30 jours à partir de 75.000 dollars
https://placetechnologies.com/  (vidéo, en anglais)
[32] Romain Anger, La terre et les fibres végétales : matériaux de construction du futur
 https://youtu.be/WJIJb625_O4  (vidéo, durée 1:28:16, en français)

2 - Les besoins en eau et alimentation
Estimer les besoins hebdomadaires en eau, et intégrer au projet l’équipement pour obtenir une partie de l’eau consommée à partir de la pluie et, éventuellement, de l’humidité de l’air.
Prévoir une serre, une véranda ou un simple emplacement intérieur exposé au soleil, pour la production tout au long de l’année d’une partie des légumes et des fruits consommés.
[33] Chaine YouTube "magazine La Maison écologique", Récupérer et utiliser l’eau de pluie pour être autonome https://youtu.be/p1wGIG6QOXk  (vidéo, durée 4:05,en français)
[34] Programme télévisé "ARTE - Futuremag", Chaque goutte compte
https://youtu.be/RcXGiPMl2eY  (vidéo, durée 9:27 ,en français)[35] Chaine YouTube "Poisson fécond", Et si toute l’humanité devenait végétarienne ?
https://youtu.be/eDqR4_ocpt8  (vidéo, durée 8:15, en français)



3 - Les besoins en énergie
Lister les principaux appareils électriques utilisés (lampes, cuisinière, réfrigérateur, chauffe-eau, chauffage, sèche-cheveux, lave-linge, aspirateur, télévision, ordinateur, smartphone, etc.) et y associer un degré de priorité - élevé, important ou facultatif - en fonction de ses habitudes. Estimer les besoins et les pics énergétiques journaliers et hebdomadaires, en kilowattheure, par appareil électrique et par degré de priorité.
Analyser les inconvénients et les avantages des différentes options disponibles pour produire et stocker une partie de l’électricité nécessaire, comme la mise en place :
- de panneaux photovoltaïques ;
- de tuiles solaires ;
- d’un ensemble d’éoliennes à axe vertical ;
- d’une microcentrale hydraulique.
Intégrer une ou plusieurs de ces options au projet.
Éventuellement, en ce qui concerne le chauffage et la climatisation, inclure une solution écologique comme celles basées sur la géothermie ; la température du sous-sol, à quelques dizaines de mètres de profondeur, reste relativement stable tout au long de l’année, et cette chaleur peut être récupérée à l’aide d’une pompe par exemple.
[36] Chaine YouTube "Tout Compte Fait", Vers la fin des factures d’électricité ?
 https://youtu.be/pyunVvC2_4E  (vidéo, durée 20:21, en français)
[37] Chaine YouTube "NP Barroso", 6 turbines à axe vertical pour un générateur
 https://youtu.be/_hnrOn-pTHQ  (vidéo, durée 2:51, en anglais)

[38] Site commercial "Turbulent.be", La microcentrale hydraulique la plus avantageuse
https://www.turbulent.be/  (texte, en anglais)
[39] Site d’information "
Actu-Environnement", La géothermie productrice de chaleur pour les particuliershttps://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/energie-geothermie/geothermie-particuliers.php4  (texte, en français)

4 - La révision du projet et les améliorations incrémentales
Revoir en petit groupe et à intervalles réguliers les projets individuels. Encourager les réflexions sur les besoins rencontrés et sur les solutions choisies en faisant référence :
- aux normes en vigueur ;
- à certains éléments de la priorisation des besoins selon "la pyramide de Maslow" (les besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance, d’estime, et d’accomplissement) ;
- aux principes de durabilité et d’éthique de la "permaculture", qui visent un mode de conception responsable basé sur le bien-être de l’humain et de la terre.
Apporter des améliorations incrémentales au projet de départ.
[40] Site de loisirs "PermaculturePrinciples.com", Introduction
https://permacultureprinciples.com/fr/  (texte, en français)



5 - La modélisation
Donner forme au projet à l’aide d’un logiciel de conception virtuelle disponible gratuitement, tel que "SketchUp Free" pour l’architecture (et dont les bases peuvent être acquises en quelques heures à l’aide de cours en ligne), ou encore "Blender" pour les besoins plus complexes.
Une maquette physique pourrait aussi être produite en carton ou en plastique. Si nécessaire, certains composants peuvent être imprimés en trois dimensions.
[41] Site de loisirs "Makery.info", On a testé les solutions d’impression 3D en ligne
http://www.makery.info/2017/01/03/on-a-teste-les-solutions-dimpression-3d-en-ligne/  (texte, en français)

3)     La confection d’un t-shirt ou d’un simple pantalon aiderait à démystifier l’industrie textile, l’une des plus mondialisées, et à sensibiliser aux problématiques qui y sont rencontrées en ce qui concerne les droits des travailleurs et les normes environnementales.
Parmi les principales étapes de la confection, citons :
- le choix du vêtement à confectionner ;
- la sélection du tissu en fonction du vêtement et des préférences individuelles ;
- la production ou le simple décalquage du patron, à partir d’un modèle de référence choisi dans un magazine spécialisé ou sur un site Internet ;
- la découpe des quelques pièces de tissu sur base du patron ;
- la couture pour assembler ces pièces ;
- si cela est possible, confectionner un vêtement similaire pour s’améliorer.
[42] Site de loisirs "LEtoiledeCoton.com", J’apprends à coudre en vidéo
https://www.letoiledecoton.com/j-apprends-à-coudre-en-vidéo/  (texte, en français)
[43] Christian Losson, Libération, Moi, Chantan, ouvrière textile au Cambodge, 12 heures par jour, 6 jours sur 7, sans congés...
https://www.liberation.fr/futurs/2014/10/16/moi-chantan-ouvriere-textile-au-cambodge-12-heures-par-jour-6-jours-sur-7-sans-conges-payes_1122334  (texte, en français)


Les enseignants portent une grande responsabilité dans notre société. On n’insistera jamais assez sur ce point en mettant l’accent sur la nécessité de valoriser leur profession, et de renforcer leur formation pour leur permettre d’acquérir de nouveaux savoirs et compétences.

Pour conclure cette partie, il semble important de souligner que l’avenir se trouve entre les mains des générations actuellement assises sur les bancs des écoles. Il est donc utile de leur envoyer un message clair pour leur faire prendre conscience qu’elles ont un rôle à jouer, pour le pire ou le meilleur. Les générations plus âgées sont présentes pour les aider, même si elles peuvent parfois faire preuve de réticence et demander plus d’explications.



2.2.6. En résumé

L'enseignement au cours du 20e siècle avait comme principal objectif la formation de travailleurs manuels pour une ère industrielle. Cette période touche à sa fin et semble laisser la place au début d'une ère numérique globale.
À l'heure où toutes les connaissances sont disponibles partout en permanence, et évoluent si vite qu'elles deviennent rapidement incomplètes voire obsolètes, il devient indispensable de pouvoir comprendre et rechercher efficacement des informations, et surtout (!) d'en juger la fiabilité et la pertinence, tout en en faisant un bon usage dans le respect de tous.
Ces dernières années, plusieurs initiatives ont été prises pour adapter l'enseignement et former des citoyens conscients de leurs qualités et de leurs possibilités, et capables de s'adapter plus aisément à de nouvelles situations. L'enseignement continue à être de moins en moins basé sur l'étude par cœur et valorise l'esprit critique, le développement des autres et de soi, l'acquisition efficace de nouvelles compétences ainsi que leur mise en pratique, le tout dans un environnement pluraliste et respectueux des différences. Il semble essentiel de poursuivre et d'intensifier les efforts dans cette voie.


2.3. Questions pour poursuivre la réflexion

2.3.1. Quelles initiatives concrètes permettraient de renforcer l’acquisition de connaissances pratiques dans l’enseignement, pour l’apprentissage des langues par exemple ?

2.3.2. Comment pourrait-on encourager les citoyens à participer plus fréquemment à des cours (en journée pendant les heures de travail, en soirée ou le weekend), des séances d’information, des ateliers, des stages, et des activités de volontariat qui n’entrent pas en compétition avec le marché de l’emploi, afin de développer leur potentiel personnel et professionnel ?


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https://www.grandbrussel.com/p/ebook-chapitre-3-societe.html

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